Nos doigts sur le piano (2/2) – toucher et indépendance des doigts

Voyons un peu de description pratique quant à l’exécution des mouvements avec les doigts.

Dans cet article, on s’arrêtera sur ces idées :

  • Préciser l’action de l’attaque des doigts sur la touche. Quels touchers ?
  • Définir l’indépendance des doigts

 

Retrouvez sur cette page : les techniques pour apprendre à jouer du piano

 

Aussi, on répondra simplement à la question : que font les doigts quand on joue ?

 

Pour lire la première partie : nos doigts sur le piano (1/2) – du pouce au petit doigt

 

Si le mécanisme avec les doigts paraît simple : on enfonce la touche en appuyant le doigt de haut en bas.
Les mouvements sont néanmoins plus subtils qu’il n’y paraît.

Il faut avoir conscience de plusieurs choses : le toucher, la préparation des doigts sur la touche, l’attaque, la pensée musicale. Tout cela dans un seul but : produire un son de qualité.

Une fois que cet ensemble de détails est bien appréhendé, que l’on a fait l’expérience de nombreuses fois de l’attaque des touches, que l’on cumule tout simplement de l’expérience en jouant du piano. Alors, les mouvements des doigts sont une action qui devient très naturelle. Tout comme notre position face au piano, la position des mains et ses déplacements.

 

 

Les doigts en contact sur les touches

Au repos, lorsqu’ils ne sont pas en action, les doigts doivent reposer simplement sur les touches. La main est alors dans une position naturelle, légèrement arrondie.

Le bout des doigts est en contact avec la touche. Plus précisément, on dit que c’est la pulpe des doigts qui fait le contact et assure la sensation du toucher.

Au repos ou lorsque des notes proches sont jouées, il faut éviter que les extrémités se détachent de la main ou sortent du clavier. Je veux parler du pouce ou du petit doigt qui ont tendance à s’écarter pour le pouce, ou à se lever pour le petit doigt.

Il faut essayer de ramener ses doigts proches de la main lorsqu’on est au repos ou lorsqu’il n’y a pas d’extension et de déplacement à réaliser.

Position de la main, stable, poignet bien maintenu (pas cassé) - doigts "groupés" qui reposent sur les touches (blanches ou noires). On est prêt pour jouer.

La bonne position de la main et des doigts : main stable, poignet bien maintenu (pas cassé) – doigts « groupés » qui reposent sur les touches (blanches ou noires). On est prêt pour jouer.

 

Les doigts en action

Lorsque les doigts jouent, ils enfoncent la touche à jouer. Facile !

Avant l’action, le doigt est déjà au contact au-dessus de la touche. Il doit éviter de décoller. L’enfoncement de la touche se fait simplement, sans effort. Le doigt rentre ainsi dans la touche. La main reste en appui, stable et en équilibre (tout comme le poignet).

L’enfoncement de la touche dépendra de l’objectif sonore :

  • Action du doigt retenue pour un jeu léger et un son Piano.
  • Action du doigt plus intense, on va puissamment jusqu’au fond de la touche pour un jeu aussi puissant et un son Forte.
  • Action du doigt qui « rebondit » pour un jeu staccato : le piqué du doigt est obtenu par des phalanges qui se rétractent rapidement (comme si le doigt attrape quelque chose).

Ces actions sont alors guidées par notre volonté ou pensée musicale.

 

Gérer les déplacements sur le clavier

Pour d’autres actions, il arrive fréquemment que les doigts se déplacent.

  • Si un intervalle est grand, la main va s’étendre.
  • Si des notes sont éloignées, la main va se déplacer. Le doigt décolle alors d’une touche pour aller se repositionner au-dessus d’une autre.

 

Deux mots me paraissent appropriés pour réussir ces déplacements : anticipation et précision.

L’anticipation, c’est : on commence à préparer le geste. D’abord mentalement (c’est une pensée instantanée des futures notes à aller chercher), puis physiquement. Nos doigts commencent à s’étendre ou à se déplacer afin d’être dans le bon tempo pour faire l’action (ni en retard, ni en avance). Cela passe aussi par une bonne mémorisation de la partition (ou une très bonne lecture à vue).

La précision, c’est jouer juste : une extension va chercher la bonne note. Mentalement, on a une bonne sensation de l’intervalle à jouer (cela est très personnel puisque chacun aura une main à la morphologie bien spécifique).
Si la main se déplace, la main vient se repositionner au bon endroit.

Quelquefois (pas quand on débute), on fera prendre de l’élan à un ou plusieurs doigts : la main tombe lourdement sur le clavier. L’objectif recherché est que les doigts rentrent plus puissamment dans une touche, pour jouer encore plus fort.

 

Lorsqu’on débute, l’essentiel est selon moi de retenir :

  • La main reste proche du clavier, les doigts reposent sur les touches. Doigts groupés si aucun mouvement n’est demandé (les doigts sur des touches voisines).
  • La main est stable. Pensez stabilité et équilibre.
  • Lorsque le doigt rentre en action, il ne doit y avoir aucune contrainte qui force le mouvement.

 

 

L’indépendance des doigts

L’indépendance des doigts est la capacité de chaque doigt à bouger tout seul sans faire intervenir les autres doigts, la main ou le poignet. On parle aussi de délié.

Cette capacité est très importante.

  • Elle permet un jeu plus fluide avec des doigts plus agiles, plus stables et plus forts.
  • Elle donne la possibilité aux doigts de se mouvoir plus vite sur le clavier, on gagne en dextérité.
  • On développe les sensations au contact des touches : pour un meilleur contrôle du jeu et de l’expression musicale.
  • Elle permet une égalité sonore (pas de son en dents de scie). Ainsi, il n’y a plus trop à se soucier si un doigt est plus faible ou plus fort. A l’écoute, on ne fait pas la différence si un doigt joue ou un autre.
  • On évite de solliciter le poignet et la main : évite alors les situations d’inconfort et de tension inutile au niveau du poignet.

 

On s’entraînera à l’indépendance des doigts par la pratique régulière du piano ou par des exercices.

Ainsi, certaines partitions proposent des pages bien précises pour l’exercice des cinq doigts, pour travailler le délié : c’est le cas du Hanon ou des partitions de Czerny.

 

Je finirais par préciser égalité sonore et différence entre les doigts. On parle bien d’égalité sonore, mais pas d’égalité entre les doigts.

L’égalité sonore est l’objectif musical. Il va dans le sens d’un son parfaitement contrôlé et de bonne qualité.

Les sons sont égaux ou les sons sont travaillés selon un trait ou un accent sonore notés sur une partition. Dans ces derniers cas, le son restera contrôlé. Par exemple, un crescendo demandera une transition régulière d’un Piano à un Forte. Une fois le son Forte installé, il restera égal selon cette nouvelle nuance.

 

Les doigts, eux, sont et resteront différents. On ne peut pas les égaliser. Le rôle du pianiste est par contre de les utiliser de la meilleure des façons : profiter de la différence des doigts, de la symétrie des mains pour s’adapter au clavier, pour s’adapter à la partition et aux notes à jouer. Afin d’accomplir le geste juste.

Cet article vous a-t-il apporté des conseils utiles ?

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27 commentaires


  • Serge

    Merci pour tous ces conseils et de votre travail. Meilleurs sentiments

    • Benoit

      Merci Serge

  • phil

    Merci pour tous ces bons conseils!

    • Benoit

      Merci Phil 🙂

  • Elisabeth

    Bonjour Benoit,
    Merci pour toutes ces astuces pratiques, je suis moi même en plein dans « la petite vélocité » de Czerny,
    où les 2 doigts faibles sont mis gravement à contribution.
    Beaucoup de travail quotidien en perspective…
    bonne journée.

    • Benoit

      Bonjour Elisabeth,

      Merci.

      Bon courage avec vos exercices quotidiens.

  • Chriss

    Merci Benoit, pour ce nouvel article intéressant.

    Justement, en me remettant sérieusement au piano (grâce à vous!) j’ai ressorti les méthodes que j’avais, comme le Hanon et le Czerny, et je vais les revoir.

    Merci aussi pour l’indication du site « Je joue du piano.com » dont les professeurs sont très professionnels et compétents! Je n’ai jamais eu de tels profs.
    Je revois également le solfège, avec la possibilité de réviser les notes en ligne, les deux clés à la fois.

    Bonne journée à vous et à tous.

    • Benoit

      Merci Chriss

      A bientôt

      • Dominique

        merci Benoît

  • Richard

    Merci Benoît pour ces très bons conseils

    Richard .

    • Benoit

      Merci Richard

  • Jacques

    Merci pour ces bons conseils. Je suis présentement dans une phase de découragement mais je persiste et vous y êtes sûrement pour beaucoup. Mille mercis.

    • Benoit

      Merci Jacques.

      Les efforts finissent toujours par payer 🙂

  • Danielle

    Merci Benoit pour tous vos bons conseils. Je les lis toujours avec une attention toute particulière car je sais
    qu’ils me sont très utiles pour bien avancer dans mon apprentissage au piano. Bravo pour votre aide et le temps que vous passé pour nous apporter votre savoir faire. Merci pour tout. Dany.

    • Benoit

      Merci Dany !

      De rien. Bonne continuation dans votre apprentissage.

  • Grouazel

    Merci pour ces bons et précieux conseils. Après avoir commencé le piano vers 50 ans et pratiqué pendant environ 4 ans, j’ai dû m’arrêter pour raisons de santé. Maintenant, je suis en retraite et je m’y suis remise très sérieusement depuis septembre (à raison d’une heure minimum chaque jour). Ce travail régulier s’avère payant (en suivant rigoureusement les conseils que m’avaient donnés mes professeurs ainsi que les vôtres maintenant ) car les progrès sont sensibles. Encore merci à vous.

    • Benoit

      Bonjour,

      Félicitations pour vos progrès. Vous avez un bon rythme de travail.

      A bientôt

  • alain

    Merci Benoit pour tous ces conseils très importants pour les pianistes débutants.

    Nous attendons avec impatience tes publications périodiques.

    • Benoit

      Merci Alain 🙂

      A bientôt pour d’autres publications.

  • KOUASSI

    Merci Benoit pour ces conseils qui nous font combien de fois du bien pour progresser dans notre jeu au piano.

    • Benoit

      Merci Kouassi

  • Thérèse

    Ce qui est particulièrement bien avec tes explications, c’est que l’on n’apprend pas seulement à jouer du piano, mais à « bien jouer » pour être en mesure de mieux interpréter les mélodies, en portant attention aux détails qui font toute la différence. C’est toujours très intéressant à lire.
    Que tu prennes le temps de répondre à tous, est aussi très apprécié. Merci à toi, Benoit, de partager ta passion et de nous en faire tous profiter!

    • Benoit

      Bonjour Thérèse,

      Oui, je pense qu’il est nécessaire de décrire des notions fondamentales : le toucher et l’entraînement des doigts en font partie.

      Bien sûr, il faut ensuite pratiquer.

      Merci ! Je m’attache à prendre le temps de lire les commentaires, c’est important.

  • Guy

    Toujours de bons conseils que le prof n’a pas toujours le temps de nous dispenser en détail. Merci pour cet apport que je ne manque jamais et ou je me réfère souvent.

    • Benoit

      Merci Guy

      A bientôt

  • Laetitia

    Bonjour Benoît,bonjour à tous 🙂

    C’est toujours un grand bonheur que de vous lire Benoît,vos explications sont toujours très claires et très enrichissantes ,elles nous aident beaucoup .

    Surtout continuer comme ça .Un grand merci 🙂

    Musicalement nous…tous !!! A bientôt .Bonne journée à tous:)

    • Benoit

      Merci Laetitia !

      A bientôt

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