Adapter son jeu à la taille de ses mains, écartement des doigts

Jouer du piano réclame de jouer des groupes de notes, des accords. Pour chaque intervalle de notes, la main doit alors écarter les doigts. Plus l’intervalle est grand et plus l’écartement est important. Cet article aborde l’écartement entre les doigts qui est forcément lié à la taille des mains. On verra que si les grandes mains ont l’avantage de l’écart, jouer du piano avec de plus petites mains n’est pas mission impossible. Il y a aussi des avantages, et quelques adaptations à apporter à son jeu.

 

Retrouvez sur cette page : les techniques pour apprendre à jouer du piano

 

L’écartement des doigts, l’empan

L’empan est le mot qui définit l’écartement entre les doigts.

Par définition, l’empan est l’unité de longueur qui a pour base la largeur d’une main ouverte. C’est donc la distance entre l’extrémité du pouce et le petit doigt, lorsque ceux-ci sont écartés. Cette longueur en cm peut faire 20 cm (selon Wikipedia) ou de 22 à 24 cm (selon Larousse). Vous serez d’accord avec moi pour dire qu’il n’y a pas de longueur de référence, l’écartement de la main dépend de la conformation de la personne et aussi de chaque main (l’empan de la main gauche peut être légèrement différent de celui de la droite).

 

Votre intervalle maximum sur le clavier

Quel est votre empan ? Ce qui nous intéresse en tant que pianiste, c’est la distance mais surtout l’intervalle que l’on est capable de jouer : une septième, une octave (séparation de 8 degrés), une neuvième, une dixième… Pour ma part, je suis à l’aise sur une octave, et capable de jouer une neuvième mais les doigts très tendus. Amusez vous à regarder !

J’ai aussi mesuré sur le piano : 20 cm correspondent à la distance entre l’extrémité du Do et le milieu de la touche Ré de l’octave du dessus, soit 20 cm font environ une neuvième.

Octave et Neuvième

Octave et Neuvième

 

Objectif de jeu

C’est bien joli tout ça, mais à quoi va me servir d’avoir tel ou tel écartement. Ce qui nous intéresse vraiment, c’est de jouer selon nos possibilités.

L’écartement entre les doigts

L’empan est important mais l’écartement entre les doigts l’est autant. C’est lui qui va être utile lorsqu’on veut jouer un accord de 3 notes ou plus. L’accord de Do, Do-Mi-Sol est facile à jouer. Voyons un exemple concret moins facile à réaliser, 2 accords que l’on rencontre sur la 1ere Gymnopédie de Satie. Premièrement, il faut pouvoir jouer une octave. Deuxièmement, la main droite doit écarter les doigts entre le pouce et l’index et surtout entre le quatrième doigt et le cinquième doigt, c’est plus délicat. J’étais assez maladroit au début. Aujourd’hui, avec la pratique et l’entraînement, je peux jouer ces passages plus facilement, à condition de bien préparer l’accord (anticiper le positionnement des doigts sur les touches).

Accords, extrait de la 1ere Gymnopédie de Satie

Accords, extrait de la 1ere Gymnopédie de Satie

Possibilité d’arpéger les grands intervalles

On est d’accord, on ne peut pas tout jouer, plaquer un accord n’est pas toujours possible. Que faire ? Eh bien on arpège, c’est-à-dire que l’on joue successivement (et le plus rapidement) les notes que l’on ne peut pas plaquer.

 

La main idéale

Des doigts longs et fins

Ce n’est pas difficile à comprendre pour toutes les raisons évoquées plus haut, plus nos doigts sont longs, plus on aura de facilités sur les grands intervalles. Et plus ils seront fins, mieux on pourra passer entre les touches noires, comme on joue souvent sur toute la hauteur du clavier.

 

Pianistes inégaux

La première inégalité est celle de l’âge. Un enfant a une plus petite main. L’autre difficulté est que durant sa croissance, il devra continuellement revoir son jeu. Cette adaptation passe par exemple par de nouveaux doigtés pour un même morceau.

L’autre inégalité qui joue sur la taille des mains est la différence de taille homme/femme. En moyenne, les mains d’une femme seront plus petites que celles d’un homme.

 

Passons au-delà de ces considérations. Faisons de notre différence des atouts et analysons les avantages d’avoir de plus petites mains.

 

L’avantage des petites mains

On ne peut changer la conformation de nos mains. Si le jeu pianistique est fait de grands principes, chacun de nous doit sentir ses possibilités et adapter son jeu, son déplacement sur le clavier.

Les petites mains ont aussi quelques avantages. Le fait d’avoir des doigts rassemblés donc une main plus compacte permet une plus grande dextérité sur des petits intervalles. De ce constat, on peut aussi voir qu’une petite main se « heurtera » moins à des mauvaises touches, donc évitera une fausse note. A l’inverse, une grande main sera naturellement moins agile sur une petite portion du clavier.

Autre avantage, une petite main est amenée à se déplacer plus souvent sur le clavier. Je pense que la somme de ces déplacements permet avec le temps de gagner en souplesse. Contrairement à une grande main qui trouvera plus facilement un grand intervalle mais qui sera aussi un peu moins mobile.

Avec le temps, la répétition sur des grands intervalles et des extensions permettrait de gagner légèrement en écartement. Bref, une pratique régulière permet d’être plus à l’aise quand on écarte les doigts (cf. mon exemple des 2 accords de la 1ere Gymnopédie). C’est être plus souple et moins tendu.

 

Exemple de pianistes

Toutes les différences sont dans la nature, c’est aussi valable pour les pianistes.

Parmi les grandes mains, citons 2 pianistes compositeurs célèbres. Liszt pouvait semble-t-il jouer des intervalles de dixième. A l’extrême des mains géantes, Rachmaninov pouvait jouer des treizièmes, grâce à un empan d’environ 30 cm !

Un répertoire classique pour les grandes mains : il faut reconnaître qu’après le baroque et l’aire classique, l’arrivée des compositeurs tels que Chopin, Liszt a privilégié la mise en place d’une virtuosité plus « transcendante ». En même temps, les œuvres de ces compositeurs comme plus tard celles de Rachmaninov contiennent quelques fois des intervalles de dixième. Moins facile pour les petites mains.

Frédéric Chopin avait pour sa part une main « plus normale », capable d’écarter sur des neuvièmes.

Extrait du prélude op. 24 n°15 de Chopin. L'intervalle Sol-La passe encore mais pas jusqu'au La#

Extrait du prélude op. 28 n°15 de Chopin. L’intervalle Sol#-La passe encore mais sur le La#, la réalisation devient plus délicate

 

Rassurons-nous, les grands pianistes aux petites mains sont aussi bien représentés. Citons par exemple Alicia de Larrocha, pianiste espagnole et réputée pour ses interprétations de Granados ou Albeniz. Elle a adapté son jeu à sa morphologie, et dû par contre abandonner des pièces de Rachmaninov.

Alicia de Larrocha : petites mains et possibilités immenses !

 

Priorité à la souplesse

On retiendra que l’empan est une notion quasi figée, on ne peut pas changer la conformation et les possibilités de sa main, ou alors très peu. On peut néanmoins adapter son jeu pour jouer plus facilement des grands intervalles ou des accords de piano. Et sur le plan physique, on peut surtout améliorer ses possibilités : à force d’entraînement et de pratique, on acquiert plus de souplesse, d’élasticité dans les écarts et les déplacements. Un jeu plus souple est à l’opposé d’un jeu trop rigide. Et c’est là l’essentiel : mieux vaut avoir de petites mains et jouer de manière plus souple, plus fluide. La finalité qui est le rendu sonore d’un morceau sera davantage maîtrisé, plus beau.

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24 commentaires


  • Annick

    Merci Benoît pour ce nouvel article concernant la taille des mains.
    Vous dites qu’on ne peut pas changer la conformation et les possibilités de sa main, mais j’ai une question :
    Est-ce qu’à votre avis, à force de jouer et peut-être en faisant des exercices , nos doigts peuvent-ils s’affiner ?
    Il serait intéressant d’avoir des exercices de gymnastique des doigts.

    • Benoit

      Bonjour Annick,

      Est-ce que les doigts peuvent s’affiner ? Je n’en suis pas sûr. Je dirais qu’ils peuvent surtout se muscler à force de pratique.
      Est-ce qu’ils peuvent gagner en écartement ? Oui, surtout entre les doigts (plus d’élasticité), moins entre le pouce et le petit doigt.
      Il existe bien des exercices dans ce sens là. Le « Hanon » est un recueil d’exercices parmi les plus connus pour remplir cet objectif. Il y a notamment des exercices d’extension entre les doigts 2-3 ; 2-4 et 4-5, et des exercices spécifiques pour les doigts 4 et 5 qui sont les doigts les plus faibles.
      D’autres méthodes doivent exister ainsi que des études classiques (Czerni, Clementi…). Cela reste néanmoins des exercices « mécaniques ».

      Benoît

  • Tophe

    À propos de Michel Petrucciani, il y a erreur (sauf si on parle de lui enfant), il suffit de le voir jouer sur les vidéos pour vite se rendre compte que ses mains avaient une taille d’adulte « normal » (grandes par rapport à son corps, certes !), et sa maladie lui conférait des os très léger (facilitant le rebond et la rapidité, hors norme pour le coup, dont il savait très bien tirer parti) et un écart large, si je ne me trompe pas on le voit plaquer ou arpéger des dixièmes sans problème de la main gauche (surtout que le jazz en réclame pas mal), par contre il avait souvent des fractures et il lui arrivait de continuer à jouer pendant les concerts malgré cela et de s’en apercevoir après… (voir le documentaire à son sujet). Bien à vous.

    • Benoit

      Bonjour Tophe,

      Tu as raison. Il est bien dit que Petrucciani avait les mains d’un adulte. Désolé pour la confusion, et je ne me souviens pas où j’ai lu ma référence de quinte et demi. Je corrige tout de suite.
      Après, plaquer une dixième, il faut voir, ça serait alors une très grande main.

      Merci pour la précision

  • JODARD daniel

    Benoît
    Excellent article qui répond bien à une interrogation que je me suis souvent faites.
    En ce qui me concerne, l’empan de ma main gauche est de 24 cm, et celui de la main droite 23 cm.
    Je m’en suis aperçu grâce à cet article.
    Je pensais qu’il était identique et j’ai contrôlè sur le clavier bizarrement je peux aisément faire une 11éme avec la main gauche, voir une 12éme mais c’est trop de gymnastique alors que la main droite la 11éme c’est juste et la douzième pas possible, puisque que je touche les notes avoisinantes compris dans l’empan.
    Mais comme vous le signalez très justement, je suis gêné dans les notes contiguës difficile d’avoir le rassemblement parfait.
    Par ailleurs j’ai du mal à passer entre les touches noires et ça c’est pénible car cela me demande une très grande précision pour ne pas accrocher une des touches noires avoisinantes.
    Et effectivement cela influe sur ma vélocité et l’impact que je suis obligé de travaillé fortement.
    C’est pour cette raison, que j’ai attaqué la méthode Hanon et deux premiers exercices de Cortot pou acquérir une indépendance des doigts, mais cette dernière est loin d’être évidente.
    Merci pour cet article très clair.
    Daniel

    • Benoit

      Bonjour Daniel,
      11ème et 12ème, tes mains sont grandes. L’avantage est d’aller chercher les grands écarts, c’est certain. L’inconvénient, comme tu le soulignes est au contraire dans les espaces plus restreints.

      Chacun adapte son jeu à sa taille. C’est bien le message de l’article.

      • JODARD daniel

        Benoît
        Oui je pense que la différence entre main gauche et main droite, vient essentiellement de la guitare, car à la main gauche (quand on est droitier) on tire tellement sur les doigts pour faire certains accords barrés, que cela doit jouer avec le temps sur l’empan.
        De même j’ai visionné une vidéo sur la méthode Cortot du pianiste Elie Drai, il explique que les mains reposant sur le clavier sans enfoncer les notes, la plupart des personnes lève le quatrième doigt à une hauteur de deux centimètres aux dessus des blanches, et lui au bout de quarante années de piano il en est à 7 cm. Il a levé le quatrième doigt à sorti le réglet et à mesurer, c’est fou ce que le travail peut faire.
        Quand à mon doigt qui à du mal à passer entre les noires pour frapper une touche blanche.
        Il me semble savoir d’où cela vient.
        A une époque je bricolai beaucoup et adorait la menuiserie et un jour avec une faute d’inattention mes doigts de la main droite sont passés dans la fraise de la toupie.
        J’avais l’index et le majeur complètement explosé, des vrais bananes quand est entrain d’épluchées.
        J’ai était emmené aux urgences et fort heureusement, je suis tombé sur un très bon chirurgien qui a su recoudre tout ça.
        Après je n’ai plus jamais touché d’outil de menuiserie, car quand ceci est arrivé, j’y ai pensé tout de suite, comment je vais faire pour grattouiller, ou jouer du piano avec deux doigts en moins.
        Donc je suis certains que les grands musiciens qui vivent de leurs interprétations, doivent avoir une assurance concernant les parties physiques sollicitées.
        Musicalement
        Daniel

        • Benoit

          Ai, le travail manuel est le danger du musicien, instruments à cordes et même tout instruments.

          On ne peut pas rester non plus tout le temps avec des gants. Bien que les pro se préservent énormément (comme les chanteurs qui protègent leurs cordes vocales).

          Entres les touches noires, les doigts peuvent être tout simplement plus ou moins larges 😉

  • Céliou

    Bonjour Benoit, (et merci pour votre article qui m’en a appris beaucoup),
    J’ai beaucoup de mal à faire une mélodie avec une seule mains, j’ai des doigts assez longs mais des mains vraiment extrêmement petites (mon empan est de 14 – 15 cm) sachant que je sais que je ne grandirai pas plus, est-ce que vous pensez qu’il serait possible tout de même d’arriver à jouer du piano sans trop de lacunes ? Merci beaucoup

    • Benoit

      Bonjour,

      Bien-sûr que vous pourrez jouer du piano. Si vous ne parvenez pas bien à faire des octaves (ou de plus grands intervalles) il y a toujours des moyens de contourner . Ne jouer qu’une note, faire un arpège très rapide.

      Si lacunes il y a, vous les aurez peut-être sur des grands classiques qui font intervenir justement fréquemment de grands intervalles (chez Rachmaninov par exemple).

      Le plus important est de travailler. Chacun doit adapter son jeu à sa morphologie.

  • emilien

    Bonjour Benoit, merci beaucoup pour cet article et toutes les explications. Juste pour dire que l’extrait de Chopin est bien le numéro 15 mais l’opus est le 28. Voila encore merci.

    • Benoit

      Merci de la remarque Emilien.

      C’est corrigé.

  • Estelle Schmidheiny

    bonjour Benoît,
    Ravie d’avoir trouvé ce site qui me permet la question suivante :
    Mon empan de chacune de mes mains est de 18. J’ai donc un problème à résoudre. Existe-t-il des pianos aux touches réduites dans leur largeur ?
    C’est aussi sur un coup de tête que j’aimerais satisfaire un vieux désir : me mettre au piano. Mais voilà, mon faible empan me joue des tours !
    Merci de me conseiller ou dire comment je dois m’y prendre.

    • Benoit

      Bonjour Estelle,
      18 cm d’empan n’est pas si petit (je suis tout juste à 20).
      Je vous déconseille les synthétiseurs avec des touches à la largeur réduite. Sauf si vous faites de l’arrangement, utilisation de claviers arrangeurs, certains claviers de scène… Si vous visez « une pratique de piano courante », tous les numériques et bien sûr les acoustiques ont une largeur standard des touches.

      Le travail de l’articulation entre les doigts, de l’écartement passent par de la pratique pour gagner en souplesse, « élasticité » et agilité. Certains exercices sont fait pour ça (le déliateur, le Hanon).

  • krausz

    Bonjour Benoit, je viens de tomber par hasard sur ce site et j’espère que vous pourrez me rèpondre, voila 2 ans que j’ai commence le piano (J’ai 40 ans) je prends des cours une fois par semaine et je me heurte a un problème : mon empan! a peine 17 , je n arrive pas a jouer une octave, mes doigts son courts en particulier le petit; et tout les morceaux qui me plaisent demandent un écart important. Yann Tiersen par exemple que j’adore et je massacre le morceau de comptine d un autre été et ça devient frustrant de se dire que c’est peine perdue mes doigts ne grandiront plus Donc ma question est : dois je continuer Yann tiersen ou alors quels morceaux me conseillez vous pour avoir un joli jeu qui se prete a mes doigts? Merci de me répondre Veronique

    • Benoit

      Bonjour Véronique,

      Je vous conseillerais sur les partitions plus délicates, d’abord d’arpéger très vite sur les intervalles grands, et de jouer avec la pédale pour ne pas que l’arpège s’entende. Si cela n’est pas possible ou que la partition ne s’y prête pas, la simplifier. Vous pouvez retirer une des notes « extrêmes » afin de raccourcir l’intervalle, pour jouer de manière plus fluide. Cette note doit être secondaire, elle ne devra pas trop enlever au charme du morceau.

      Bonne continuation.

  • Laurent

    « L’intervalle Sol#-La passe encore mais sur le La#, c’est presque une dixième »
    Sol# La#, ce ne serait pas la définition d’une neuvième plutôt ? Que veut dire « presque une dixième »?

    Par ailleurs, il est bien entendu plus simple de réaliser un intervalle donné sur les touches noires que sur les blanches: on n’est pas gêné par les touches voisines. Quelqu’un qui peut faire sol#-sol# en étirant au maximum ne pourra pas nécessairement faire sol-sol.

    Point supplémentaire dont on ne parle pas ici: l’empan est une chose, mais la mobilité des doigts intermédiaires est tout aussi importante. On joue rarement un intervalle si grand sans note intermédiaire, que ce soit dans l’accord ou bien immédiatement avant ou après. Les autres doigts (particulièrement les 3 et 4) doivent gagner en souplesse. C’est indépendant de la taille de la main, et la plupart du temps bien plus important.

    • Benoit

      Laurent,

      Tout à fait : Sol#-La# est bien une neuvième (l’octave la seconde). C’est corrigé.

      Oui, le même intervalle sera plus facile à réaliser sur les touches noires exclusivement.

      Pour l’utilisation des doigts 2, 3 et 4 et l’écartement entre les doigts, les exemples de l’accord de la gymnopédie ou du prélude de Chopin illustrent ce point.

      • Laurent

        Merci de vote réponse. Je revois par ailleurs les photos de vos mains sur le clavier. Vous avez encore largement la possibilité d’étendre. En effet, sur la photo ou vous montrez l’accès à la neuvième, on constate un angle conséquent entre le pouce et le petit doigt. Avec la pratique, lorsque j’étends mes mains, le pouce et le petit doigt sont en complète opposition, sur une même droite, ce qui me permet, en appuyant du bout des doigts comme vous le faites, d’atteindre maintenant une onzième (ex: lab-réb, page 3 de Op64 n2 de Chopin), alors qu’il y a quelques années la dixième me paraissait inaccessible. Vous devriez, avec de la pratique, pouvoir faire une dixième au milieu d’un morceau sans trop de difficulté (au moins sur les touches noires).

        En conclusion, ne vous fiez pas à un empan à un instant t. La main s’assouplit, et vous gagnerez des centimètres (dommage, ça ne s’applique qu’au piano), et donc quelques demi-tons , avec la pratique.

        • Benoit

          Bonjour Laurent.

          Je suis d’accord. La souplesse se gagne avec la pratique et l’empan peut légèrement s’étendre (comme l’extension entre les doigts).

          Pour ce qui est de cette extension entre le pouce et le petit doigt, cette neuvième reste dans mes capacités, pas au-delà (en étendant en opposition comme vous dites, je reste sur la neuvième).

          Il faut aussi rajouter que plus la main est à plat pour réaliser ce geste, plus on risque de toucher une autre touche avec nos doigts longs notamment une touche noire. Il faut alors relever les doigts longs pour plaquer un accord faisant intervenir le pouce et le petit doigt.

  • Bernard

    Bonjour Benoît
    J’ai 64 ans. A présent à la retraite, je voudrais me mettre à l’apprentissage de la musique et, en particulier, du piano. J’hésite cependant à me lancer, entre autre parce que mes pouces sont déformés par une rhizarthrose très avancée (en Z) sur les deux mains depuis une dizaine d’années. A présent ça semble stabilisé mais il m’est impossible d’écarter le pouce à plus de 17 cm du petit doigt et, dans sa position normale (sans effort), le pouce est positionné pratiquement sous l’index. Le pouce est très peu mobile verticalement (davantage horizontalement mais sans utilité au piano). Peut-être arriverais-je, avec des exercices à améliorer légèrement cette mobilité verticale mais j’en doute un peu.
    Dans ces conditions, je crains que ce handicap rende impossible le jeu sur piano. Qu’en pensez-vous ?
    Merci d’avance de votre réponse.

    • Benoit

      Bonjour Bernard,

      Je ne suis pas spécialiste et ne connais pas la pathologie qui vous a handicapé notamment les pouces. La question qui devrait être posée à un médecin ou un spécialiste : est-ce que la pratique d’un instrument qui sollicite beaucoup les doigts est permise ou pas ? Est-ce que dans le premier cas, au mieux, jouer permet de rééduquer certains mouvements ? Dans le second cas, au pire, est-ce que jouer est risqué ?
      Si faire du piano est possible, je pense que vous pourrez trouver des adaptations malgré le handicap (avec des limites suivant le type de morceau et les doigtés).

  • de

    bonjour,
    je trouve votre article très interessant, car je me posais justement la question.
    j’ai un écartement de 18cm main gauche, je pratique depuis moins d’un an le piano et certains accords ne passent pas, même si je trouve que j’ai amélioré le passage de certains.
    par exemple, je ne peux pas jouer MI LA MI en main gauche sur une partition de Chopin.
    je vais tenter de l’arpéger mais comme c’est une succession d’accords, je ne sais pas si cela va faire beau.
    pensez-vous que je puisse jouer uniquement 2 notes sur les 3? si oui, lesquelles me conseillez vous?
    pour l’instant, je joue LA mi.
    merci

    • Benoit

      Bonjour,

      Si vous êtes un peu juste pour plaquer l’octave (avec la note du milieu). Comme c’est la main gauche, je vous conseille
      – de tester plutôt Mi-La, pour renforcer la basse.
      – si c’est une succession des mêmes notes plaquées : plaquer une fois Mi-La pour avoir une fois la basse dans la pédale puis enchaîner La-Mi.
      – si la main droite est dispo, lui faire prendre le Mi avec le pouce. A voir.

      Bonne continuation.

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