Naomi de Yann Tiersen – Le morceau de piano décrypté et la partition
Et le morceau mystère est : Naomi.
Naomi du célèbre compositeur Yann Tiersen est une oeuvre à la fois commune et insolite.
Commune pour le style reconnaissable, on retrouve très bien la patte de Yann Tiersen.
Insolite, car on est surpris par l’ambiance. L’air au piano, bien que minimaliste, parvient à dégager un bon flot d’émotions. Comme beaucoup de morceau du répertoire de Yann Tiersen, on se laisse attirer et baigner dans une ambiance douce et poétique.
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L’artiste, le morceau, son univers
Yann Tiersen
Yann Tiersen est un musicien breton né en 1970 à Brest. Il est mondialement connu grâce pour sa bande originale du film « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » (2001).
Yann Tiersen est multi-instrumentiste et son style est un mélange assez reconnaissable de piano, d’accordéon et d’instruments minimalistes (par exemple une « flûte synthé » ou un « mini-piano »).
Les atmosphères de ses morceaux sont souvent mélancoliques et poétiques. Il est difficile de vraiment étiqueter un style sur Yann Tiersen : traditionnel, nouveau-classique, pop-classique, parfois un peu électro…
Son influence est sûrement inspirée de sa Bretagne natale, de ses terres et côtes sauvages, ou îles isolées : quelque chose de sauvage, brut, contemplatif et qui fascine.
Naomi, des airs d’Amélie mais pas que
Naomi rassemble du piano, une flûte, un violon et une chanson douce. Le tout crée une atmosphère à la fois intime et mélancolique. Naomi est une promenade qui nous transporte ailleurs. Et ce voyage nous amène vers la contemplation de la simplicité et de la beauté. Comme souvent le temps de l’écoute du morceau, le monde extérieur s’efface…
Parlons de la chanson. Connait-on ce langage, est-on sur une Terre inconnue ? La voix est haute dans les aigus, douce et expressive. C’est presque un murmure, une confidence. Elle rajoute à la création d’une bulle hors du temps et de notre espace ordinaire. Là encore, le voyage.
Merci Yann Tiersen pour cette jolie mélodie et chanson, profonde et emplie d’émotions !
Le titre, l’album
Naomi est un titre tiré de l’album « Rue des cascades » de Yann Tiersen, sorti en 1996. C’est un peu avant la sortie d’Amélie Poulain (2001). La proximité sonore avec la BO d’Amélie peut donc être assez proche.
Pour le chant, on retrouve Claire Pichet, qui sera aussi la voix d’autres morceaux de l’album Rue des cascades.
La signification de Naomi :
Selon Wikipedia, les paroles de Naomi sont tirées d’un poème « Kaddish » d’Allen Ginsberg, dans lequel le poète cite une lettre de sa mère, qui s’appelait… Naomi Ginsberg.
Le morceau décrypté, ce qui marque
Voici différentes phases du morceau :
- D’abord le piano : la mélodie est minimaliste. Des arpèges avec une basse simple (2 notes à l’octave) et sonore. Puis, les arpèges amènent vers une succession de notes plus aigues, très expressives, qui forment en fait la voix de la mélodie.
- 46 sec. Reprise du piano et entrée de la chanson. La voix est très aigue. La mélodie est entonnée en toute simplicité et douceur. Le langage est à peine reconnaissable (c’est en anglais). Le texte est épuré, quelques phrases, mais sa compréhension n’est peut-être pas l’essentiel.
- 1’15 sec. Le piano est seul quelques instants avec des arpèges et une sonorité plus affirmés. Puis, le retour du chant pour un nouveau couplet. Derrière le chant, on croit entendre une flûte, une note tenue. Elle est à peine audible au début car elle se superpose à la voix. Cette flûte sort ensuite un peu du chant.
- 2’12 sec. A nouveau des arpèges plus sonores du piano, et le chant qui entonne un autre couplet, puis ce qui semble être finalement un refrain avec des syllabes plus prononcées et encore plus aigues.
- 2’55 sec. Entrée du violon qui ajoute un voile et une tessiture encore plus sonore (dans des médiums graves) à l’atmosphère de la musique. On entend cette fois au complet : piano, chant, flûte et violon.
- 3’20 sec. Une variation dans le chant et la musique. Le chant et le violon se parlent et se répondent, avant la conclusion du morceau.
Pourquoi le morceau nous marque ? Ce qui fonctionne :
- l’introduction : la simplicité et la beauté des arpèges. Les 30 premières secondes captent notre attention.
- la mélodie qui se dégage des arpèges. Le peu de notes est très accessible à l’oreille, et le rendu est très bon.
- la voix est presque hypnotique.
- La progression subtile avec les petites variations et l’entrée des autres instruments, flûte et violon.
Niveau et accessibilité au piano
Bonne nouvelle : vous pouvez déjà jouer une partie de ce morceau, même en étant débutant.
Tout le morceau n’est pas forcément accessible immédiatement… Il faudra connaître les bases du rythme, être à l’aise avec le changement de positions des mains et les déplacements.
Voici ce qu’on peut retenir de cette introduction pour le côté pédagogique :
- Qui dit arpèges main droite, dit régularité. Les doigtés sont assez faciles à prendre en main pour les arpèges les plus simples des premières mesures.
- Main droite : des notes sont doublées, ce qui complexifie un peu les arpèges. C’est un bon entraînement aux intervalles (doigtés 2-4, 3-5, ou 2-5). Il faudra veiller à maintenir la régularité et le tempo de départ.
- Main gauche dans les basses : 2 notes doublées dans les basses (intervalle d’une octave).
- Main gauche qui monte en clé de Sol : la main gauche alterne entre les basses puis prend des notes de la clé de Sol (les plus basses) pour supporter la main droite. On s’entraîne ici aux déplacements et (re)positionnements de la main gauche. Il faut être précis et veiller encore à ne pas perdre le tempo d’origine.
La pédale permet d’éviter les interruptions du son (quand les mains se lèvent). Elle doit être changée assez fréquemment pour éviter la superposition de trop de sonorités. - Main droite : elle plaque des notes plus aigues. On écarte les doigts, sans tension.
- L’expression : enfin, on s’entraîne à retranscrire toute la beauté de cette introduction. On ajoute de la musicalité et un phrasé à l’ensemble : c’est plus de puissance dans les montées dans les aigues, quand les arpèges se renforcent. Cette montée en puissance se fait progressivement durant cette introduction, le point culminant étant à la fin les notes plaquées les plus aigues.
En résumé ce qu’on apprend avec ce morceau
Voici ce qu’on retient et ce qu’on travaille en répétant Naomi de Yann Tiersen :
- Jouer des motifs répétitifs proprement.
- Jouer sans exagération, on tient compte de l’aspect minimaliste de l’oeuvre dans son rendu.
- Travailler la régularité rythmique.
- Développer la sensibilité au travers des nuances et du toucher.
- Ecouter l’oeuvre et reproduire son ambiance.
La partition du commerce
Si vous souhaitez aller plus loin, ma partition de Naomi est issue du reccueil Yann Tiersen – Piano Works
Lien du recueil de partitions dans le commerce (Amazon)
Contenu du livre :
84 pages
23 morceaux
Les titres :
Comptine d’été n°2
Comptine d’été n°3
Naomi
Le vieux en veut encore
Toujours là
Comptine d’été n°1
La Pièce Vide
La Dispute
Sur le Fil
Les Jours Heureux
La Chute
L’absente
L’échec
Le Retour
La Valse d’Amélie
Comptine d’un autre été: l’après-midi
Le Moulin
Plus d’hiver
Le Matin
La Plage
Mary
Les Retrouvailles
La Jetée
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