Beethoven

Ludwig Van BeethovenImpossible de passer à côté de Ludwig van Beethoven dans les pages classiques tant ce compositeur a marqué son époque et a contribué à faire avancer la musique classique dans une nouvelle génération. Comme d’habitude, je ne ferai pas de description en détail, je vais m’attacher à décrire mon sentiment sur Beethoven, ce que je retiens, les œuvres majeures et surtout celles que j’adore et que je tente de jouer (parmi les plus simples selon mon niveau).

 

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Ma vidéo au piano

Je vous présente un morceau de piano composé par Beethoven

Bagatelle opus 126 n°3 (vidéo et partition) – niveau 4 (difficile)
Beethoven difficile

 

Compositeur de génie

Je vois Beethoven comme un grand compositeur, c’est indéniable. La somme des œuvres classiques est impressionnante, et je suis loin d’avoir tout écouté. Ce qui me vient en tête en premier sont les morceaux pour piano, Beethoven s’est montré très prolifique pour le piano. On peut dire que c’est son instrument de prédilection et qu’il a appris la musique dessus lorsqu’il était enfant. Il y a les 32 sonates, encore une fois c’est colossal, et à cela s’ajoute d’autres morceaux pour piano seul comme les bagatelles, rondos, variations et bien sûr les concertos (cette fois avec orchestre). Après le piano, c’est à l’orchestration que je pense, et il y a là les 9 symphonies. Je connais principalement la 9ème symphonie, même les moins initiés en musique classique connaisse l’introduction ou d’autres mouvements célèbres comme l’hymne à la joie chanté par les cœurs. J’ai aussi écouté la 3ème symphonie intitulée Héroïque.

Enfin, je pense à Beethoven comme à un surdoué ou peut-être comme un sur-homme. Sa surdité est arrivé assez vite et ne l’a pas empêché de continuer à composer et à faire progresser sa musique, ou La musique devrait-on dire. On se demande comment c’est possible, et à son époque ! Pensez que nous sommes des privilégiés à écouter les musiques de Beethoven alors qu’il n’a jamais eu pour beaucoup d’entre elles la faculté de les entendre.

L’enfance, la crise de la surdité

Ludwig van Beethoven est né à Bonn, en Allemagne, en 1770. Très tôt, son père Johann a amené le petit Ludwig vers une éducation musicale acharnée, l’objectif étant de tirer profit de la gloire à la manière d’un Mozart, naquit à la même période. L’apprentissage musical est autoritaire et même brutal, comme le père employait souvent la manière forte. Ludwig a passé la majorité de son temps sur un clavier, bien qu’il joue également du violon. Il devient alors un pianiste d’une virtuosité extraordinaire et un improvisateur inventif.

Un confinement dans le silence : les débuts de la surdité apparaissent en 1796, elle devient totale en 1801. A ce moment, il renonce définitivement au public et se referme sur lui même. Seule la conscience de son génie artistique le sauvera de la dépression et du suicide. Beethoven meurt à Vienne en 1827. Son cortège sera suivi par vingt mille personnes (parmi lesquelles les compositeurs Schubert et Czerny).

Beethoven et le piano

Un petit tour de quelques compositions au piano s’impose ! Comme je ne veux pas faire de grand déballage, je vous propose une petite sélection de mes goûts. Je sors un petit peu des sentiers battus pour vous faire découvrir quelques musiques originales, si vous ne les connaissez pas encore. Ce sont des œuvres que j’ai découverte après avoir commencé le piano.

Les sonates à l’honneur

La composition des sonates de Beethoven est majeure. Comme la liste est importante, les conditions d’écriture entre la première sonate et la dernière a pu évoluer. Année après année, la forme musicale s’est développée, on est passé d’une forme de musique classique vers une forme plus romantique. Clairement, c’est l’essor de la musique qu’on parvient à identifier avec l’évolution de ces sonates. Parmi les sonates, les plus connues sont identifiées par un nom : on trouve dans l’ordre chronologique, la Pathétique (opus 13), Clair de lune (opus 27 n°2), la Pastorale (opus 28), la Tempête (opus 31 n°2), la Waldstein (opus 53), l’Appassionata (opus 57) et la Hammerklavier (opus 106).

On souhaite un jour être capable de jouer la sonate au claire de lune, le premier mouvement est un des hit de la musique classique (vous pouvez l’entendre dans l’extrait du film sur Beethoven, plus bas dans la page). La sonate qui précède est tout aussi intéressante, elle fait partie du 1er opus de la sonate « quasi una fantasia », op 27 n°1 ou sonate n°13. Je vous propose dans la vidéo qui suit l’interprétation de Anna Vinnitskaya qui m’a fait découvrir le morceau, joué à l’occasion d’un concours de piano. Le début de l’enregistrement (c’est en fait le 2ème mouvement) semble très classique puis l’Adagio coupe tout à 1’50 sec., tout ce passage est excellent. On sent ici qu’on bascule du classique vers un début d’interprétation romantique, comme Beethoven est à la frontière des deux.

Sonate quasi una fantasia op. 27 n°1 – Anna Vinnitskaya

L’autre sonate qui m’a touché est l’avant dernière sonate, l’opus n°110 ou sonate n°31. De nombreux pianistes vous diront que les trois dernières sonates 30-31-32 représentent une sorte de Graal, trois sonates dites ultimes car elles ont été pensées et composées quasi simultanément.

Je vous propose dans la vidéo suivante l’interprétation de Rudolf Serkin. On rentre directement dans le 3ème mouvement (je vous conseille d’écouter la sonate dans son intégralité bien sûr). Voici un petit résumé pour comprendre tout ce passage : ce mouvement démarre par le fameux Adagio ma non troppo. Jusqu’à 3’20 sec., c’est un chant de plainte et de douleur, on est au fond d’une abîme. Puis, une fugue en majeur prend le relai. C’est lumineux et cela devient énergique, on est en train de remonter un escalier depuis le gouffre. Quand à nouveau l’Arioso, le chant de la souffrance ré-apparaît à 6’00. L’apothéose de ce mouvement est la succession des 13 accords crescendo à 7’57 sec., comme une sorte de révolte. On retourne en dernier lieu à la fugue, plus forte et plus vive. Cette fois, on assiste à une véritable libération, pour finalement entendre le triomphe de la vie. Tout simplement magistral !

Sonate n°31 op.110 – Rudolf Serkin

 

Les bagatelles

Les bagatelles sont des pièces réduites, des « petites choses » comme les appelait Beethoven. La plupart été composée comme des cycles, excepté quelques unes dont la plus connue, la Lettre à Elise, parue seule en 1810. Le dernier recueil de bagatelles opus 126 est assez marquant. Premièrement, il est écrit en même temps que la 9ème symphonie, deuxièmement, ce cycle clôt l’œuvre pianistique de Beethoven en 1824 (il n’écrira plus que quatre pièces assez brèves).

Ces morceaux peuvent être plus accessibles que les sonates pour les pianistes qui désirent commencer à jouer Beethoven. Personnellement, je me suis pas mal exercé sur la bagatelle opus 126 n°3.

Bagatelle op. 26 1 à 3 – David Fung

 

Les variations

La variation au piano permet au compositeur de s’affranchir des carcans de composition classiquement utilisés. Comme son nom l’indique, elle permet de varier plusieurs fois un thème, variation des couleurs sonores et variation des rythmes.

Beethoven a écrit quelques 20 séries de variations. Les plus célèbres sont ses variations Diabelli opus n°120, composées à la fin de sa vie en 1922. La plupart des variations sont des œuvres déconsidérées à l’époque, comme les variations que je vous propose dans cette vidéo du pianiste Murray Perahia. Ce sont les 32 variations en ut mineur.

32 variations en ut mineur – Murray Perahia

 

Si vous souhaitez passer un moment de divertissement avec Beethoven, je vous conseille ces deux films. C’est moins académique mais très agréable à regarder et à écouter :

Ludwig Van B. (1994), avec Gary Oldman dans le rôle de Beethoven.

L’élève de Beethoven (2006), avec Ed Harris dans le rôle de Beethoven et Diane Kruger.